Je suis parti sur un coup de tète de San Pedro. Anita, ma Colombienne, m'a gentiement`poussé dehors. Jeremy, mon nouveau compagnon de voyage partait le lendemain pour le sud Lipez bolivien, j'ai foncé et j'ai suivi, le coeur en vrac mais les reves en tête. Je suis comme ca que voulez vous, je sais pas faire les choses a moitié.Ni avec les filles, ni avec mes rèves.
Passage de frontiere un peu raide a 4500m...On se sent comme bourré, febrile. Les toilettes sont un vague cube de briques en pierre, au milieu du desert, sur 1 m de haut, bienvenus dans un monde nouveau !
Je dois un peu me battre pour rester avec le groupe de francais, car l'agence malgre mes demandes m'a mis avec des Irlandaises et Anglais, tres sympas mais vu mon etat physique et psychologique, je prefere rester avec mes potes.
Premier stop a la laguna verde : eau verte sur fond de rochers rouges. Premiere magie. Le soir on se ballade sur la laguna colorada (rouge et sel) peuplée de flamands et de froid. Les flamands se laissent prendre par la glace la nuit et leurs pattes ne se liberent que le jour ! Il fait pas trop chaud dans le refuge a 4200m et j'ai des embrouilles pour recupere mon sac resté sur l'autre jeep.
Deuxieme jour un peu de transition : rochers aux formes d'arbres, longs parcours de desert. Je rejoins le groupe des Irlandaises sous pretexte de probleme technique mais je comprends bien qu'ils cherchent a respecter l'organisation initiale. Resultat je fais le traducteur de l'espagnol vers l'anglais ; ceux qui connaissent mon parcours scolaire en termes de langue doivent un peu halluciner, je dois dire que je ne suis pas vraiment sur terre non plus a ce sujet.Quand l'impossible devient realité... Lagunes au milieu de rien et desert rouge veiné de blanc, peuplé de vert, s'exprimant en jaune...D'ou sortent ces couleurs ? De quelle palette divine ?
Troisieme jour. Jour J de mon voyage, de mon reve. Lever a 4 h du mat, pancakes mon dej preferé et chargeement des sacs sur le toit de la jeep dans le petit matin froid.
La liberté coule a plein bouillon dans mes veines. Ma peau s'herisse. Souvent on ne s'apercoit que l'on a revé qu'apres, la je suis dedans pendant et tout le temps.On roule au bord du Salar, les autres ecoutent mes chants qu'ils ne comprennent pas en silence. On stoppe sur un ocean blanc baigné d'obscurité. Comment decrire cela ?Je sais pas. alors je danse sur le Salar, et je fais l'avion et je saute dans la jeep et je coure...Le soleil se leve tranquilement, les montagnes s'eclairent, le sel blanchit, la mer s'agrandie,ode au salar d'uyuni.
Apres on roule vite vers nulle part. Ah si ! Vers cette colline la. herissée de cactus qui contraste etrangement sur le blanc. 12 000km2 soit 12 fois la Martinique. Des reserves de litium et un ocean blanc. C'est de la neige plate sans montagne, de la lumiere crue et pure. Sous les 10 cm de sel (8m par endroit), il y a de l'eau et des cristaux. Pour sortir, l'oxygene dessine des polygones en surface. Ce paysage n'existe pas. Il est dans la tete de Dieu, pas sous les roues de hommes.
On repart vers un hotel de sel, fait de briques de sel, comme celui dans lequel on a dormi en bordure du salar, puis on voit la recolte. Il faut rajouter de l'iode dans le sel sinon les paysans du coin ont des carences qui degenerent. Evidemment salaire de misere : 1 dollar les 50 kilos de sel empaquetés a la main, sacs fermés a la bougie.
Ensuite c'est uyuni, ville deprimante au milieu de rien ou il n'y a rien a faire, et son cimetiere de train qui datent parfois de 1880, quand la ligne Potosi Antofagasta emmenait l'argent des mines sur la cote.
Journée comme je n'en ai jamais connue, pleine sensation de bonheur et chez moi le bonheur n'est jamais loin de la liberté . Salar, je t'ai accomplit . Merveille qui sera peut etre inscrite dans les 7 merveilles du monde moderne. Que dire ? Je n'ai pas l'amour,seulement un coeur dont personne ne veut, mais j'ai le blanc du sel dans les yeux, le bleu du ciel qui m'emeut et mes rêves immenses qui m'accompagnent ou que j'aille.
Salut du surfeur masqué les amis.